Histoire de Saint-Yvi

  • Origines :

La commune de Saint-Yvi , érigée en paroisse en 1818, a été formée par la réunion de deux anciennes trèves d’Elliant : Locmaria et Saint-Yvi.

  • Origine du nom :

La commune doit son nom à Saint Yvi ( Ivi ), moine celte du VIIsiècle qui vint un jour planter son bâton de pélerin au coeur de l’immense forêt qui couvrait alors la plus grande partie de la péninsule armoricaine.

De son petit monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une ville lorsque les vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pontivy ».

Ce monastère ne tarda pas à rayonner. Les moines parcouraient inlassablement toute la presqu’île armoricaine, et spécialement le sud de Pontivy à Brest. Ils aidaient à défricher les forêts et évangélisaient les âmes. En plus de Pontivy, il semble qu’ils avaient deux centres d’évangélisation : l’un à proximité de Quimper : Saint-Yvi, l’autre aux abords de Brest : Saint-Divy.

Il existe une autre version quelque peu différente. D’après l’ouvrage de Dominique Lobineau  » Saints de Bretagne », Saint-Yvi serait originaire d’Ecosse. Lorsque ses parents, Branon et Egida,  meurent il est recueilli par Saint Cuthbert évêque de Lindisfarne. Là, après avoir été ordonné diacre il prit ensuite l’habit religieux. Il acquit une grande réputation grâce à ses vertus et ses miracles. Fuyant cette notoriété il gagne l’Armorique où il débarque sur les côtes du Léon puis de là, il gagne le territoire qui constitue aujourd’hui la paroisse de Saint-Yvi où il finira sa vie ( VIIe ou VIIIe siècle ). Son corps sera rapatrié plus tard en Angleterre ( Xe ou XIe siècle ) et reposera dans l’église du monastère bénédictin de Wilton dans le comté de Wilts où son culte sera célébré pendant longtemps.

  • Yvi ou Yvy ?

Le débat dure maintenant depuis plusieurs années. Pour l’INSEE le nom de notre commune s’orthographie « Y.V.Y ». Pourtant des documents anciens comme les cartes de Cassini levées avant la Révolution orthographient « Y.V.I » de même que le procès-verbal de 1789 de l’assemblée primaire des cahiers de doléances de la paroisse d’Elliant. C’est pourquoi le Conseil municipal de la commune a, par délibération, demandé que cette orthographe initiale soit officiellement reconnue. Un courrier de la Préfecture du Finistère en date du 12 août 2005 nous informe que le Conseil d’Etat vient de satisfaire notre demande et que la correction est imminente.

  • Les traces du passé :

A défaut de monuments mégalithiques ( hormis le menhir couché de Stang ar Besq),    l’antiquité de Saint-Yvi est établie par divers vestiges d’ouvrages défensifs remontant pour la plupart aux époques gallo-romaines, mérovingienne et carolingienne.

Citons parmi les plus apparents : le retranchement rectangulaire du Bois de Pleuven, la motte de Hilbars entourée de traces de douves, l’enceinte presque circulaire de Créac’h Miquel les substructions de Kéréonnec, le champ de Kerambars dit camp de César.

Il est à présumer que ces ouvrages constituaient une étape entre Rosporden et Quimper et servaient de protection aux villas établies à Elliant, au nord et à Locmaria-an-Hent au sud.

Une annexe de la Commanderie de l’Ordre de Malte existait au village de Créac’h Miquel. Malheureusement depuis la Révolution il n’en subsiste aucune trace.

    C’est en contre-bas de ce village que s’élève, en bordure de l’antique voie du Tro-Breiz ( Tour de Bretagne ), la pittoresque chapelle de Locmaria-an-Hent.

Cette chapelle, Notre Dame de la Source, classée monument historique fut construite aux XVet XVIe siècles. Elle constituait la deuxième étape du Tro Breiz entre Quimper et Vannes. Elle présente d’ailleurs la particularité de posséder une cheminée qui permettait aux pélerins de se chauffer.

Le mobilier de cette chapelle comprend de nombreuses statues anciennes : crucifix, Vierge de pitié, Sainte Anne, Saint Jean Baptiste, Saint Symphorien, Saint Isidore. Cette dernière statue représente le patron des laboureurs en costume breton local : chapeau rond à brides, gilet brodé, braies bouffantes.Le rétable du maître-autel qui date du XVIIe siècle est orné de quatre bas-reliefs représentant le baiser de Juda, le Christ devant Pilate, la Flagellation et le portement de la croix.

Près de la chapelle se dresse un ossuaire gothique à arcades tréflées et, un peu plus bas, une fontaine des dévotions dite des « Sept Saints ».